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De : Jimmy Prokofiev, sub-pol, tr12365/6436/654/6546.32, pr. x. free Belgica, yes-org

A : Merrie, sub-pol aussi, expatr., ctact vital, tr35241343213/6546/654/25

Sujet : Brève synthèse de la situation ici… Enfin, là, quoi !

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A l’église dans le tournant tu t’arrêteras

Et « Germaine », le plus fort que tu peux, tu crieras

Une donzelle alors viendra

Offre lui du Nutella

Et le courrier lui remettra

(c’est mon adresse de résistant)

Ma Merrie,

J’espère que ce courriel te parviendra et que la censure n’interviendra pas ! Car ici, comme tu ne le sais pas, c’est le bordel ! Oui ! Le bordel !

Je te parlais, l’autre jour, au sms, de « hordes barbares »… Le pire nous était alors inconnu, et c’est tout gai tout plein que nous supportâmes le joug oppresseur, trop heureux de survivre ….

Certes, nos campagnes n’étaient pas joyasses, mais bon, quant y faut… Et donc, moi, ton ami Déric, je dus me mettre au champs de patates, le mollusque dans une main, et la bière dans l’autre (ces barbares sont horribles : ils nous forcent à ingurgiter des litrons de karslberg tiède…). Au bout de la 5ème ligne, je mangeais des verres de terre en les prenant pour des chips au fromage, les oranges…

Mais bon, encore bon, les verres de terre, ça peut pas être mauvais, alors je dis bon !

 

Je pense qu’ils mettent des hallucinogènes dans la bière, rien que pour rigoler ! Hier, j’ai discuté un bon quart d’heure avec Françoise Dolto, entre la 8ème et 9ème ligne de patate, des conséquences du pacte honstro-hongrois sur ma calvitie naissante… C’est tout dire ! Elle m’a tout bêtement dit, en guise de conclusion, et en raccrochant son téléphone avant de disparaître dans un petit « pouf », « passe ta route, ou j’t’éclate la rate »… ça a beau être une hallucination, ça m’a mis dans une sacrée rogne ! Les barbares, eux, y rigolaient ! Alors là, j’ai vu rouge, je me suis levé et puis je ne sais plus… Il parait que j’ai réussi à faire 2 pas, à déterrer 5 plants de patates avec les dents, et que je me mettais à les bouffer quant je me suis évanoui… Pfff…

On m’a ramené chez moi et on m’a couché dans mon lit douillet, ce qui est gentil.

Comme tu le vois, c’est pas de la tarte tous les jours …

Déric

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Copie : adrr à Pol. Gov. Tempus o mori. Tx000025/25/25002, rec dis tcf

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——-SUb PRogr SCinh———–

——-End///

 

Photo : Barbares surveillant le champs de patates.

La vipère vitupère.

La vipère, c’est Madeleine, 12ème et bonne dernière d’une fratrie comptant 11 garçons, tous de merde.

Tout jeunes, morveux terreurs du quartier, des chats, chiens et humains à portée de main, de cutter, de catapulte ou de crachats.

Adolescents, redoutés pour leurs blagues dignes d’un monsieur zygo pervers et camé à la colle hillarico-sadique.

Jeunes hommes, craints en solo comme en bande pour leurs passages aussi dévastateurs que brefs et bruyants.

Ils possédaient aussi une créativité sans égale dans la fabrication d’un dico nouveau genre, celui des mots qui tuent, qui puent, qui suent le sexe et le sang, qui exsudent le chien éventré lentement et la Marie douce ou couche-toi-là qui ne rentre chez elle que pour panser ses plaies, vomir et s’appliquer massivement et tout doucement un onguent réparateur de muqueuses en tout genre…

Du plus petit au plus grand, tous étaient maitres du tordu décalé, du néologisme assassin et d’un exhibitionnisme aussi puissant que leur manque d’hygiène.

Ils n’avaient pour parents que des alcolos rabougris et plissés par la mauvaise bière qui fait pisser et se passionner pour le télévie d’RTL.

Toutes libertés leur étaient laissées, voire encouragées, à la seule condition qu’ils ne dévastent pas le bistrot familial ; c’était le QG parental matinal et tardif, point de départ et terminus des comas ronflants et baveux du nez comme de la bouche, épaule contre épaule, totale solidarité!

Madeleine, toute jeune, ne manquait jamais de fermer la porte de sa chambre à clé, de la renforcer avec une chaise, défit que ses frérots ne manquaient que rarement de relever. Ils défonçaient, cassaient tout et lui proposaient un dépucelage précoce à 11 sexes, pour le seul plaisir d’entendre la môme pousser son cri qui tue et voir ses larmes noircir ce visage déjà gris…

A 15 ans, elle était partie de la caverne, surnom mignon d’une bâtisse sans rideaux, aux carreaux souvent brisés et remplacés par un carton mal dimensionné. Elle était lasse de ce terrier à meute de guerre, fatiguée de cette odeur de bière tiède et de sperme séché.

Elle était déjà grande et chevaline, et sa poitrine opulente conjuguée à la certitude que rien ne vaut de gros seins dans un soutif lâche pour réussir un entretien d’embauche de serveuse lui avait fait sauter le pas de porte sans porte (cette dernière avait finalement cédé 1 mois plus tôt, victime du jeu du « je te projète dessus le plus fort possible, et t’as intérêt à te marrer… »).

Ses frères ne remarquèrent d’ailleurs pas tout de suite l’absence de « la grosse pute », petit nom d’autant plus injuste que Madeleine était vierge, virginité miraculeusement préservée à grands coups de pieds-poings-genoux dans les valseuses des 11 catastrophes génétiques…

A 16 ans, elle en faisait vingt et servait quatre demis en 30 secondes, sans faux cols, comme une professionnelle de la brasserie, sourire et décolleté compris.

Toujours vierge et chevaline, elle n’attendait ni même ne souhaitait une rencontre, concentrée qu’elle était sur le prix des boites pour chien (son molosse baveux, un bouffeur de pieds de chaise, un pitbull au doux nom de « chope-le ») et des anti-transpirants efficaces. Quant à la nourriture, le fritier lui faisait des prix et son frigo ne manquait jamais d’un bocal énorme de sauce andalouse.

Son seul héritage familial, c’était le langage… Elle ne pouvait s’en empêcher. Non pas qu’elle jurait comme ses frères, mais elle vitupérait, en perpétuelle colère contre tout, des sourires faux des arabes aux crachats des africains, de la permanente froissée de sa voisine de pallier aux raclages de gorge bruyants du cancéreux terminal d’en bas ; « qu’il crève, d’accord, mais en silence… ».

Et pourtant, nulle colère dans sa voix, au contraire. Une jubilation, des petits orgasmes de franchises de commères qui tiennent aux malheurs des autres plus qu’à la prunelle de leurs yeux, chez elle déjà jaunis.

Et voilà qu’aujourd’hui, jour de son 18ème anniversaire, dans ce bistrot noirci et à l’odeur rance, entraient, l’un après l’autre, en procession menaçante, les 11, endimanchés et rasés de près. Ils flairaient l’eau de Cologne bon marché, cravatés et boutonnés, chaussures vaguement cirées, les lippes non plus fières et arrogantes mais pesantes, si pesantes. La mère était morte, le foie avait déclaré forfait et le cœur avait abdiqué…

Madeleine lâchât ses 4 demis, sortit de son comptoir, s’arrêtât un instant presqu’éternel pour mieux les jauger, et leur demanda poliment : « et qu’est-ce que ces messieurs vont boire ? »


Photo : 3 des 4 demis, sans faux-cols.

(avec l’aimable autorisation de la Jupiler Pro League, photo : Jhonny B. Rooth, Seraing, 2009)

Maman est folle…

Hier, elle a braqué le boulanger, armée d’une baguette et d’une bouteille de Jupiler . Elle a crié un aigu « tous à terre, ou j’terrorise » et s’est placée en position kung-fu.

Au début, on l’a pas trop cru ; vêtue de son peignoir en flanelle rose et chaussée de ses pantoufles lâches, elle n’impressionnait guère. Sa chevelure châtain grisonnante échevelée, pour pas dire total explosée, n’était pas plus convaincante.

C’est là que les choses se sont compliquées ; furieuse de ne pas être prise au sérieux, elle a fracassé le chignon de madame Germaine (la femme d’Albert, le passionné de la chaise solide) à grands coups de baguette, baguette en lambeaux dès le 3ème gros « pan dans le chignon ».

Faute de baguette décente, l’agression s’est arrêtée. Un silence respectueux s’est alors installé. C’étaient, selon les témoin, un instant quasi religieux…

Le cerveau du boulanger, jusque là en forme de bouche bée, s’est lentement remis en marche. Et c’est sans surprise qu’il a prononcé la phrase-type de ce genre d’évènements rarissimes : un « Non mais ça va pas ma ptite dame !» offusqué et méprisant, suivi d’un tour des regards des autres clients, en quête d’approbation…

Re-furieuse, maman, plus en pétard que jamais, a lancé à la tête de l’indigné la bouteille de jup’.

Elle a frôlé le bonnet blanc, genre « ici, c’est de l’artisanal ! », et s’est écrasée dans un splash décevant sur un tout beau pain au levain.

C’est à ce moment que je suis entré dans la boulangerie, ignorant tout de ce braquage surréaliste…

Les yeux fous, maman m’a fixé. Son regard était méfiant, elle semblait ne pas me reconnaitre…

Timidement, j’ai dis « maman…?! ». Des larmes sont alors apparues, coulant lentement sur son visage encore beau.

Je me suis approché d’elle. Elle n’a pas bougé.
Délicatement, je lui ai pris la main. Cette main que j’avais connue douce et lisse, fouillant mes cheveux longs d’enfant, était tâchée par l’age, ridée de toute l’histoire du monde, façon parchemin mystérieux.

La voix chevrotante et un peu inquiète, elle a prononcé mon prénom :  « Frédéric… ».

Elle a dégagé sa main de la mienne et m’a enlacé tendrement. Son regard n’était plus fou, les larmes avaient cessés. Et c’est dans un chuchotement plein de malice qu’elle m’a glissé à l’oreille : « allez, dansons sur les pains au chocolat ».

  

 

Photo : David Carradine, maman et Germaine, en pleine discussion sur le prix de la baguette (Place Tian‘anmen, Chine, lors du congrès international de la sculpture en papier mâché, agence « Yes we can »)

Toi aussi, construit une phrase qui fédère les moteurs de recherche et te renseigne, toi-ton adresse-tes photos-tes textes-tes dessins-tes poèmes, à tous les coups férir… 
Un petit exemple :

« Nicolas Sarkozy est le père biologique du petit Macdonald, surnommé Mickey Mouse (ou par ses potes de crêche : « Coka-cola »), précise l’ordonnance (médicaments, antidépresseur, anxiolitique) du juge Lost-Desperite-tête à claques (un bien joli nom de famille…). 
Speedy Gonzales, le surnom de Nicolas Sarkozy sur l’île de Cantelou (Barbades, évasion, bien-être, hotel, plage privée, sauna, massage, golf, spa, accompagnatrice, cable télé et adsl), est donc condamné à verser une pension mensuelle de 4000 euros à la déjà richissime Paris Hilton (pornographie, fellation, seins, femmes à poil, quequette (on ne sait jamais…), people, Closer, Gala, petit chien, sac à main Dior), mère (allaitement, péridurale, anti-douleurs, Nurofen) du petit garçon. 
Cette dernière (Paris Hilton), lors d’une conférence de presse improvisée sur les marches de l’Elysée (actualité, politique, architecture, Le Monde, presse), a déclaré vouloir attribuer cette somme mensuelle à « Teens Against Oral Sex and Gangbangs (avec plein de femmes à poil) », l’organisme bien connu et tant vanté par l’administration (médicaments, homéopathie, cuisine, recettes gratuites, alimenter ma famille sans douleur, oméga-3, vitamine, chirurgie réflexo-plantaire, esthétique, sillicone, botox) Bush.
Carla Bruni (top-model, Luxor pas cher, Carla Bruni nue, musique, mp3, ordinateur portable, i-pod, fnac, Gauthier), la compagne du Président (camenber, fromage belge, Danone, Yakoult), a très mal réagi : accepter la proposition de Playboy (érotisme, porno, sex, femmes à poil), la page centrale, à poil, a pourtant été positivement jugé par 52% des français (sondage, Ipsos, hautes écoles)… 
Répondant aux nombreux journalistes qui la pressaient (jus de fruits, centrifugeuse, milk-shake) de questions sur les motivations d’une telle décision par la première Petite Amie de France, Carla Bruni a répondu « C’est rien que pour le faire ch… !»
Quant à Cécilia (infirmière, ong, la Bulgarie terre d’acceuil, Paris-Match), l’ex-épouse du Président Nicolas Sarkozy, elle a, parait-il, bien ri… »

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Photo : Nicolas, Carla et Cécilia, bourrés au Johnny Walker (ag. Forem, 2008)

 “Le capitaine Picard est venu me voir cette nuit. D’emblée, il m’a dit « les positrons sur 4 point 7, où c’est tout qui fout l’camps… ». Puis il a soupiré, et dans un murmure inaudible sauf pour moi, il a ajouté « si seulement la barre était verte… », et il a fait « pffffff », longtemps…

Après, il a enlevé son uniforme, qu’il a soigneusement plié sur une chaise, et de l’eau rose lui est tombé dessus. Ca a duré un bon moment…

Moi, je savais pas trop quoi faire ; alors j’ai rien fait, j’ai regardé.

Quand il en a eu marre de la douche mystère, il a dit « énergie » et il a disparu.

Ce qui me tracasse, c’est cette histoire de positrons… J’ai pas envie de faire une gaffe.
Alors, si quelqu’un peut m’aider, j’aimerai bien.
Gilbert”

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Photo : mon psychiatre, ma maman et mon chien Canaille

 

“Je ne supporte pas que qui que ce soit me mette en tête une chanson à la con qui me perturbe la journée durant…

Ce matin, je me promenais sur les quais de la Yourte. Michel Sardou fredonnait « Ne m’appelez plus jamais France » en continu dans ma large boîte crânienne, et ça commençait doucement à me courir… 
Avec un succès relatif, je parvenais à faire taire ce génie de la chanson française. Mais je m’en rendais bien compte ; il fallait y aller tout doucement, ne pas brusquer le mental…

Après une heure de laborieux exercices intra-craniens, le succès était au rendez-vous. J’étais tout fier de moi et de ma psyché à toute épreuve ; résister à Sardou plus d’une matinée, c’est plus fort que fort, c’est castard. 

Tout sourire, je poursuivais ma marche et laissait mon regard s’attarder sur les multiples beautés côtoyant ce cours d’eau noble et froid…

C’est alors que je la vis, de loin, de très loin. Elle avait cette silhouette de reine d’Espagne, le dos cambré sur un vélo sicilien (et donc volé), un port de noblesse cool, magnifique…

Elle pédalait très bien, ce qui, chez une femme, ne cesse de me surprendre…

Elle se rapprochait… A moins de 10 mètres de moi, je l’entendis… Elle sifflotait gaiement, sur l’air de « tou tou you tou », version Véronique et Davina… 
Lorsqu’elle fut à ma hauteur, impossible de me contenir ; je l’ai balancé à la flotte sur l’air du tradéridéra…”

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Photo : Véronique, Davina et l’étalon sicilien (bords de Yourte, 1999). 

 

 

 “Homme 45 ans cherche femme 22-24 ans, 1m76-1m78, 45-45.5kg, forte poitrine défiant la pesanteur, blonde « Yougui » (Dessonges products, n°56b), yeux bleus-verts (catalogue Gontier, ref.colori:C56FR45), épilation intégrale laser, hauts talons greffés, cambrure tatouée d’un « My God, Ô Robert, My God », pas d’études supérieures (légère préférence pour le secondaire technique orientation arts du ménage et de la maison bien tenue), cuisinière accomplie, instinct maternel développé (Homme 45 ans a 2 beaux garçons de 18 et 21 ans), ne supportant pas la poussière, soumise, perverse et muette”.

Robert, 45 ans, tendre et attentionné.

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Photo : “Allons regarder les papillons” (Michel Dejeneffe, acrylique, 1966, avec l’aimable authorisation du MOMO)

 

 

“J’ai fais un rêve étrange, cette nuit…

Ma testicule gauche rapetissait à vue d’œil, avec comme but évident le championnat du monde de sosie de noix de cajou. Jolie tentative…

La droite (de testicule, donc), enflait et enflait, tel le loup des 3 cochons, atteignait des sommets, et s’épanouissait enfin en forme de top, d’idéal de l’enflure : la bulle-couille spéculative.

Evidement, la bulle-couille spéculative est de nature hautement instable et la noix de cajou ne pense qu’à une seule chose : l’état initial.

Vint alors ce qui devait arriver : la bulle s’effondra et la noix de cajou repris ses aises.

Alors, moi, dans ce rêve, j’ai hurlé de toutes mes forces « vendez » en regardant mes chaussures et tout aussi fort « achetez » en regardant le plafond (par ailleurs sinistre…).

Vous y comprenez quelque chose, à ce rêve ?!
Quand je vous disais que c’était étrange…”

Jean-Gauthier Etienne, étudiant en premiere année de master en économie.

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Photo : “ça, moi et surmoi sont dans un bateau” (allégorie), avec l’aimable authorisation de la collection Ficheroulle, Wanfercée-Baulet.

 Ma voisine d’en face, Jenny, approche de la septantaine et frisotte un peu, de l’intérieur comme de l’extérieur ; certaines nuits de pleine lune, j’entends son rire saccadé, haut perché, et je la sais enfourchant l’Angle (son mari s’appelle comme ça, c’est tout de même pas de sa faute…), assise et contente comme un gosse au carrousel.

Ca dure deux bonnes heures, l’Angle râle et la Jenny nous régale d’une dernière salve de « oui-oui mon groooooooooos » qui fait rire les vieux, impressionne les jeunes couples et remplit de terreur les cauchemars des enfants du périmètre sonore…

Mariette, la voisine d’à coté, 82 ans, vit seule et râle sec. Elle sait que le baril est à 200 dollars et commence tout doucement à accepter de remiser au placard ses ambitions de victoire absolue au championnat du monde de dragsters à 2 roues.

Depuis, elle rase le sol, les yeux dans le vide, indifférente aux 3 km de fils à sécher le linge qu’elle a suspendu dans son hectare chéri ; elle a eu 13 enfants, tous partis à présent, et entretient l’illusion d’une vie encore faite de nombreuses mannes et d’amidonnage à gogo.

Elle continue par contre à distiller, souvenir de la guerre, un alcool de patate aux vertus hallucinogènes, finalement beaucoup plus utilisé comme arme contre l’ennemi (essayer de terroriser la population quand vous avez une envie féroce de vous mettre à poil et de hurler « Marlèèèèèèèèèène » et « shtroumpf-la-la »…) que comme enivrant de substitution de ces temps pauvres et révolus à jamais, maintenant qu’on s’aime tous comme des sœurs et qu’on pète dans la soie tant qu’on peut…
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 Photo : Jenny et Mariette, encore sveltes, tentent de refourger à Robert un faux Petit Larousse cachant un bon kilo de Sugus à l’alcool de patate.

 

Mon chien s’appelle « reviens », ce qui lui va comme un gant.
Il me colle littéralement aux basques, bave sur mes jeans et s’assied pesamment sur mes chaussures.
Il refuse toute autre nourriture que les pains au chocolat, qu’il mâche des heures durant, la lippe large et le regard bêlant… Je n’en peux plus, de ce chien… Il me fout le blues.
Hier, j’ai essayé de le perdre, au Cora. Je l’avais attaché, bien comme il faut, consciencieux propriétaire. Une bonne âme, me disais-je, aurait pitié d’un toutou si pathétique. Ce corniaud a mâché, la nuit durant, sa laisse, et la liberté retrouvée, s’en est revenu comme si de rien n’était, prêt au pardon du lâche que je suis, m’adorant de ses yeux humides…

Alors, tous les 2, on est allé à la boulangerie, et j’ai acheté 3 pains au chocolat… C’est la dernière fois que je me laisse faire…

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Photo : mécanique quantique, patisserie et clé à molette (allégorie)

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